vendredi 19 mars 2021

Reportage : Galerie "Esprit d'Enfance" à Rambouillet

 

Histoire d’une collection


 

Collectionneuse depuis trente ans, mais aussi artiste et aimant particulièrement les mises en scène, j’ai eu le coup de foudre pour les miniatures en 1983 en lisant un article du Figaro Magazine où l’on découvrait des photos de meubles lilliputiens contemporains. Il y avait même des adresses de magasins et c’est ainsi que j’ai découvert Poupée Tendresse, rue Poussin, à Paris.

Cela m’a donné l’envie de commencer une maison de poupée, en principe pour ma fille alors âgée de 2 ans, un projet qui m’enthousiasmait !

En déménageant à Rennes, une amie de ma sœur m’a demandé si je voulais donner des cours d’encadrement. J’ai accepté, et c’est ainsi que j’ai pu acheter quelques miniatures haut de gamme chez Poupée Tendresse (2 fauteuils et une commode Herbillon) car il était impensable pour moi d’acheter cela avec les sous du ménage ! Puis, étant tombée dans le chaudron, la collection petit à petit a commencé !

Au début cela tenait sur une table à jeux dans le salon et les enfants n’y touchaient pas…sauf un jour où une brosse à dents de 1,2 cm a perdu ses poils !

Finalement toutes les occasions étaient bonnes pour la famille de m’offrir une miniature en cadeau, ce qui m’aidait à agrandir ma collection. Ma première vitrine fut « Les petites filles modèles » réalisée par ma future amie Marie-Pierre que j’appelais à l’époque Madame !


 

Petit à petit les enfants grandissaient et j’avais davantage de temps libre. J’ai ainsi découvert le salon Toymania qui alliait jouets anciens et miniatures. L’attrait pour le jouet ancien est apparu et une chasse à l’objet rare pour embellir la collection a commencé dans les brocantes et les vides greniers. A cette époque il était plus facile de découvrir un bel objet !

J’étais bien collectionneuse mais aussi artiste. Je me suis mise à la restauration car dans le domaine du jouet il y a de quoi faire. Ces objets ont été aimés et choyés mais aussi martyrisés par les enfants ! Au fil des années, il y eut énormément de restaurations diverses, mais aussi de reproductions à l’identique de magasins anciens pour recueillir toutes les chines sur un thème donné (Noël, Antiquités, Quincaillerie).

En trente ans, j’ai acheté quelques belles pièces et scènes miniatures à des artisans qui réalisent de véritables petits bijoux et travaillent ainsi à la constitution d’un patrimoine miniature.


 J’ai aussi réalisé quelques scènes miniatures pour mettre en valeur mes objets, ce que j’aime par-dessus tout. La première fut un atelier du Père Noël, pour le concours du salon de Paris Création, qui reçut le premier prix. Puis ce fut une épicerie des années 1920, travail monumental réalisé à deux, avec une date précise pour un salon. Ma famille à ce moment là a presque mangé de la miniature ! 


 


Le musée :

Au bout d’un moment, j’ai éprouvé un sentiment de culpabilité d’accumuler pour mon seul plaisir et l’idée a germé de faire un musée. C’était en 1998.

Des jouets anciens, et de grosses pièces prenant de la place, sont partis petit à petit dans notre maison en Bretagne. L’idée d’un musée public est d’abord envisagé en Bretagne puis vers la région parisienne. Un gros dossier est monté pour le financement de ce projet et surtout son fonctionnement.

L’ouverture du musée était prévue pour octobre 2005…
Le temps passe, trouver le lieu idéal est crucial mais pas évident du tout !

Les conseils, notamment des directeurs du musée de Lyon et de Brantôme, m’ont fait réfléchir sur les inconvénients d’un musée public. Dans un tel cas de figure il faut sortir le grand jeu avec un minimum de 15 000 entrées par an et embaucher au moins une personne ! D’autre part, certaines normes pour handicapés deviennent quasiment insurmontables, comme montrer aux déficients visuels…et j’en passe. Ce projet de musée n’ayant pas de vocation lucrative, sur les bons conseils reçus, je me décide alors pour une galerie privée qui me permettra de partager ma passion sans avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête !

L’occasion m’a été donnée de racheter les vitrines du musée de Brantôme, mais il restait l’éternel problème du lieu idéal, si difficile à trouver, comme c’est le cas pour beaucoup de collectionneurs désirant exposer leur collection.
Les enfants quittant le nid pour voler de leurs propres ailes, nous nous attelons alors à vendre notre maison pour retrouver un logement plus adapté à notre vie à deux et pour ma galerie d’exposition. Très peu de visites ont suffi pour trouver la perle rare : un appartement avec véranda et atelier, un petit jardinet et en-dessous la galerie de plain pied avec la rue, impossible de trouver mieux ! Ce lieu recherché depuis tant d’années !... Il est enfin là, mais il faut le remettre en état !

Quand je revois l’état de la galerie au départ, il fallait y croire ! Les artisans étaient motivés pour ce chantier inhabituel.

J’ai passé des heures et des heures à faire et défaire les plans pour prévoir l’emplacement des vitrines pour optimiser au mieux la place et la circulation. Puis les vitrines, qui attendaient depuis 3 ans, sont arrivées démontées, un vrai jeu de meccano ! Là, je dois remercier du fond du cœur Thierry, mon mari, lui qui avait dit qu’il ne toucherait pas aux vitrines, s’est investi totalement pour les remonter, en recoupant et superposant les différents blocs de vitrines, c’était un travail de titan !

 


Réunion de la collection sous un même toit

Depuis trente ans la collection n’était pas sous le même toit. Les jouets anciens, prenant plus de place, attendaient sagement dans le grenier en Bretagne, tandis que les miniatures à la maison ne pouvaient guère sortir de leur carton…

Les travaux finis, il a fallu attendre le séchage de toute l’eau (2500 l) utilisée pour les enduits de la galerie…

En septembre 2018, deuxième grande étape, la collection se rassemble sous un même toit ! Nous déménageons tout ce petit monde nous-mêmes de Bretagne en camionnette. Les cartons viennent envahir la galerie, beaucoup se logent dans la vitrine d’exposition qui leur a été attribuée. Avec autant d’objets il fallait un peu de méthode ! J’avais pris soin de mettre une photo dans chaque vitrine avec ce qu’elle devait accueillir. Ayant beaucoup de jouets anciens j’ai eu l’idée de faire faire une façade de boutique taille réelle pour reconstituer l’âge d’or du jouet.

 


Installation de la collection

Merci à mon amie Marie Pierre d’être venue me donner un sérieux coup de main pour l’installation dans les vitrines, principalement la reconstitution de boutiques et les grandes vitrines. Il était en effet impossible seule de placer un objet en ayant en même temps le recul nécessaire.

 

Voilà, le rêve se réalise enfin et je dois me pincer pour me dire que c’est vrai, car c’est l’aboutissement de longues années de collection et de préparation.

Je suis d’autant plus heureuse de partager cela avec mes visiteurs qu’ils semblent vraiment sous le charme. Je vous attends donc, il vous suffit de prendre rendez-vous !



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